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Site de la Chapelle Saint François de Rennes

Dimanche: Tous à Paris pour la Vie!

21 Janvier 2015, 15:38pm

Publié par Le sacristain

La Marche pour la vie est l’occasion pour les citoyens d’exprimer une opposition au dérives bioéthiques initiées par la loi sur l’avortement, et de rappeler que le principe du respect de la vie humaine fonde notre civilisation. En 2015 une menace particulière pèse sur les personnes âgées, malades, handicapées : un projet politique va être proposé pour légaliser l’euthanasie ou des gestes euthanasiques. La Marche pour la vie appelle les citoyens à manifester le dimanche 25 janvier, à Paris à 13h30 au départ de la place de la Bastille, pour dire non à l’euthanasie.

Chers diocésains,

Nous avons été très nombreux à condamner le terrorisme qui a frappé une vingtaine de victimes en France, dans la semaine du 7 au 10 janvier : policiers, journalistes, otages qui n’avaient rien demandé. Moi-même, j’ai manifesté à Bayonne, aux côtés du président de l’association cultuelle des musulmans de la côte basque et de la pasteure de l’Eglise protestante unie, pour m’associer à l’indignation générale face à ces actes de barbarie, hélas commis au nom de Dieu et de la Religion.

J’ai pensé aussi très fort aux victimes quotidiennes du même terrorisme islamiste en Syrie, en Irak et au Nigéria, qui devraient susciter au moins la même indignation de la communauté internationale. Ceux-là, auxquels on dénie le droit à la liberté religieuse, sont discriminés, expulsés ou assassinés à cause de leur foi, « sous le silence honteux et complice de beaucoup », comme le Pape François l’a déploré devant le Parlement européen. Ils méritent eux aussi que nous nous mobilisions.

Si nous devons réprouver avec la dernière énergie les actes barbares qui ont donné la mort à des hommes et des femmes désarmés, et qu’on ne saurait en aucun cas justifier en raison, nous pouvons nous interroger sur les circonstances de ces attentats. On a beaucoup parlé, ces jours derniers, de la « liberté d’expression » et des « valeurs de la République », et il faut se réjouir du grand sursaut d’union nationale qui en est résulté.

Toutefois, en prenant un peu de hauteur, ces évènements ne nous renvoient-ils pas plus profondément à la question du sens ? Il est permis en effet de s’interroger sur le bien-fondé d’une liberté d’expression qui consisterait à faire l’apologie, non sans un certain cynisme, d’une conception libertaire, voire nihiliste de l’existence humaine, trop vite identifiée à notre civilisation occidentale, jusqu’à rendre totalement dérisoires les biens les plus fondamentaux, à commencer par le don précieux de la vie elle-même et la religion. Nous croyons, quant à nous, que la liberté est indissociable de la Vérité et du Bien commun, et qu’une liberté d’expression qui tournerait systématiquement en dérision les convictions religieuses de millions d’hommes et de femmes respectables, jusqu’à salir les personnes qui portent symboliquement ces convictions, pourrait être à bon droit considérée comme un profond mépris de ses semblables et un déni d’humanité. Aux journalistes qui l’interrogeaient sur ce qui s’est passé à Paris, et en condamnant toute forme de violence au nom de Dieu, le Pape François s’est exprimé sur ce sujet sans ambiguïtés : « On ne peut pas provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi. […] Tant de gens parlent mal des religions, s’en moquent, disons “jouent” avec la religion des autres. […] Dans la liberté d’expression il y a des limites » (Conférence de presse du 15 janvier 2015, dans l’avion vers les Philippines).

Dans un autre ordre d’idée, si notre réaction face à cet attentat barbare est plus que légitime, ayons le courage et la cohérence de nous indigner aussi pour d’autres formes de violences faites à l’intégrité physique de tant et tant d’innocents. Je pense au signal d’alarme que le Pape François a tiré devant les Institutions européennes pour dénoncer la « culture du déchet » qui caractérise notre vieille Europe, en défendant la dignité de la vie humaine depuis son commencement jusqu’à son terme : « L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage d’un mécanisme,qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que – nous le remarquons malheureusement souvent – lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître » (25 novembre 2014 devant le Parlement européen).

Un certain nombre d’associations, engagées aux côté des plus fragiles et sans défense, auxquels on dénie si facilement les droits humains les plus fondamentaux, appellent à une Marche pour la vie à Paris, le dimanche 25 janvier 2015. J’accorde volontiers mon soutien aux organisateurs de cette manifestation qui ont reçu la bénédiction du Saint-Père, et j’encourage tous ceux qui choisiront ce moyen pour se manifester à y participer. Comme le dit encore le Pape François : « Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine » (La joie de l’Evangile, n. 214). On ne se contentera certes pas de manifester publiquement son « oui à la Vie », mais on s’engagera concrètement dans des initiatives au service de la vie des plus fragiles : écoute et accueil de femmes enceintes en difficulté, à qui la société ne donne souvent pas d’autre alternative que l’avortement ; accompagnement de femmes blessées par l’avortement en recherche de guérison ; accompagnement et soulagement de malades en phase terminale ou de personnes âgées dites en « fin de vie », auxquels on risque de proposer, sinon une euthanasie active ou un suicide assisté qui semble écarté par le rapport Claeys – Léonetti, une « sédation profonde et prolongée » qui ressemble fort à une euthanasie déguisée…

Face aux graves dysfonctionnements qui caractérisent notre société et aux menaces terroristes qui inquiètent nombre de nos concitoyens, ne cédons pas à la panique et prenons le recul nécessaire de la réflexion en vue de l’action. Par la prière, rejoignons le Maître et Seigneur de la Vie, qui a seul le pouvoir de changer les cœurs et de les orienter en profondeur vers la justice et la paix.

C’est notre prière en ces jours pour que se réveillent les consciences et grandisse le respect de la vie à tous les stades de son développement.

Avec mes sentiments dévoués, je confie cette grande cause à la Vierge Marie, Reine de la Paix et Mère de la Vie.

+ Marc Aillet le 16 janvier 2015

Dimanche: Tous à Paris pour la Vie!

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