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Site de la Chapelle Saint François de Rennes

Bonne fête de saint Joseph Artisan!

30 Avril 2014, 22:00pm

Publié par Le sacristain

         

 

Le travail, moyen de collaborer à l’oeuvre de Dieu

 

« Au début du travail humain, il y a le mystère de la création«  (« Laborem exercens« , 12).

Dieu a créé l’homme  »à son image et à sa ressemblance« . Or  »Dieu lui-même travaille incessamment, écrit saint Vincent de Paul, il ne cesse point de travailler à la conservation de ce grand univers … De plus, Il travaille avec chaque créature particulière. Il travaille avec l’artisan en sa boutique, avec la femme en son ménage« .

L’homme travaille parce qu’il est « à l’image de Dieu ».

 

« Dieu plaça Adam dans le paradis pour qu’il le cultive« . La Révélation place la loi du travail dès l’origine. Le travail n’est pas une sanction [[La peine du péché n'est pas le travail mais sa pénibilité et la pénurie des biens.]] mais une dignité. Il ne se confond pas, comme tendrait à le classer notre vocabulaire teinté d’économisme, avec l’emploi rémunéré.

Le travail est  »la collaboration de l’homme et de la femme avec Dieu dans le perfectionnement de la création«  (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 378).

Aussi le travail est-il un devoir pour tous [[Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 2427.]], à la mesure des dons reçus.

« Celui qui ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus«  dit saint Paul. Il n’y a donc pas d’âge pour le travail: les enfants y sont appelés, selon leur besoin d’apprendre et les « retraités » n’en sont pas dispensés, selon leurs forces.

Pour la réalisation de son dessein, Dieu se sert du concours des créatures. Pour cela il ne leur donne pas seulement d’exister mais aussi la dignité d’agir par elles-mêmes, d’être causes et principes les unes des autres (CEC, n° 306), au service les unes des autres (CEC, n° 340) et de coopérer ainsi à l’accomplissement de son dessein divin :  »Dieu n’a pas voulu retenir pour lui seul l’exercice de tous les pouvoirs. Il remet à chaque créature les fonctions qu’elle est capable d’exercer, selon les capacités de sa nature propre«  (CEC, n° 1884).

Aux hommes, Dieu donne le pouvoir d’être causes intelligentes et libres afin de compléter l’œuvre de la création, d’en parfaire l’harmonie (CEC, n° 339) pour leur bien et celui de leur prochain et devenir pleinement « collaborateurs de Dieu » (CEC, n° 307).

« Dieu a pour nous un amour si incompréhensible et si délicat qu’Il veut que nous ayons part à ce qu’il fait… Il ne veut rien faire sans nous » [[Lettres de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, n° 135]] écrit sainte Thérèse;  »au petit des oiseaux Il donne sa pâture«  mais il a voulu que le petit des hommes soit nourri par le lait de sa mère et le travail de son père; Lui qui gouverne l’univers a voulu que chaque communauté humaine soit gouvernée par des  »ministres de sa providence« .

 

Les bienfaits du travail

 

Par son travail, l’homme produit deux sortes de fruits: il se perfectionne lui-même et il produit des biens nouveaux.

1- Perfection personnelle

« Ilhonore les dons du Créateur et les talents reçus«  (CEC, n° 2427), car  »en travaillant, l’homme perfectionne en lui même l’image de Dieu«  [[Pie XII, message de Noël 1955.]]. Il perfectionne ses facultés: sa mémoire s’enrichit d’expérience, son intelligence de connaissances,  »en lui révélant de plus en plus la fécondité de la nature« , sa volonté découvre et réalise des objets dignes de ses soins et de son admiration.

Le travail éduque et développe la plupart des vertus naturelles: la force comme la prudence, la justice comme la tempérance y sont également exercées.

On peut comprendre par là pourquoi l’Eglise a toujours insisté pour que, dans l’organisation du travail, soit préservé et même recherché ce qui favorise la créativité et la responsabilité de celui qui l’exécute. C’est cela, humaniser le travail. Jean-Paul II recommande que celui qui travaille, même dans la subordination à un employeur, puisse travailler  »comme à son propre compte« , en y apportant son initiative et sa responsabilité.

Initiative et responsabilité, c’est bien ce qui distingue le travail de personnes humaines. L’acte humain se caractérise par l’application de la raison, faculté de prévoir et de contrôler ses actes, d’intervenir avant et après, par l’initiative et la responsabilité. Où l’on constate que  »la Révélation conduit à une intelligence plus pénétrante des lois de la vie sociale«  (CEC, n° 2419): elle a précédé ce que le management moderne redécouvre en proposant d’ouvrir à chacun un domaine suffisant d’autonomie.

Le travail est aussi la découverte des lois de la nature, de « l’ordre des choses« : il apprend qu’on ne peut obtenir un résultat qu’en procédant « avec ordre« , en subordonnant les moyens au but à atteindre, en respectant le « principe de finalité« .

Le travail fait l’homme héritier : quelle que soit la nature du travail entrepris, il y a un « donné » sur lequel l’homme travaille et ce donné vient du Créateur. Puis à ce donné initial s’ajoute tout ce que d’autres, avant lui, ont déjà élaboré et perfectionné comme matériaux, outils, connaissances et techniques, qui constituent le « capital » mis à sa disposition pour lui permettre à son tour de travailler.

Jean-Paul II a montré que ce que Marx appelle aliénation [[Marx n'a vu dans le capital que la terre ou l'argent investi. Il n'a pas retenu que le capital est constitué surtout de biens incorporels, des apports des générations antérieures recueillis par des hommes. Il n'est de richesses que d'hommes.]] n’est que  »la dépendance qui nous lie au Donateur de toutes les ressources de la création et qui devient à son tour dépendance envers d’autres hommes qui, par leur travail et par leurs initiatives ont donné à notre propre travail des possibilités accrues ». (« Laborem Exercens« , 13) Cette « dépendance » n’est pas une aliénation mais au contraire l’espace d’une liberté plus grande.

2- Participation de chacun au bien de tous

D’ailleurs, l’ordre et l’harmonie du monde résultent de la diversité des êtres, de leur interdépendance et des relations qui existent entre eux; cela vaut pour les humains qui sont certes égaux en dignité mais très différents en ce qui concerne leurs dons [[Cardinal Schönborn, "Aimer l'Eglise" p.31.]] : »Ces différences appartiennent au plan de Dieu qui veut que chacun reçoive d’autrui ce dont il a besoin«  (CEC, n° 1937).En effet,  »en venant au monde, l’homme ne dispose pas de ce qui est nécessaire au développement de sa vie corporelle et spirituelle: il a besoin des autres… les talents ne sont pas distribués également… Dieu veut que ceux qui disposent de talents particuliers en communiquent les bienfaits à ceux qui en ont besoin et que les hommes aient ainsi l’occasion, par nécessité, de pratiquer la charité les uns envers les autres«  (CEC, n° 1936 et 1937).

Par son travail, l’homme fait acte de charité en répondant au besoin d’autrui.

Les produits du travail sont des biens et des services communicables à d’autres: un art ou des connaissances, du pain ou des vêtements, la préparation d’un repas ou le soin de la santé, le transport de personnes ou de crédits… Ces fruits sont matériels ou immatériels, corporels ou incorporels; certains sont négociables, d’autres ne peuvent s’acquérir sur le marché.

Par son travail, l’homme exerce la charité en se faisant « ministre de Dieu » pour la distribution au prochain des grâces et des libéralités qu’il a reçues de Lui [[Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 1937. Nos besoins et ceux de nos proches sont d'ailleurs un précieux adjuvant que nous accorde la Providence pour nous aider à vaincre le désordre intérieur de la paresse et accomplir nos devoirs envers le prochain et envers nous-mêmes.]].

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